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Le contexte international de conflits
majeurs impliquant plus ou moins directement les principaux acteurs
de la scène internationale, mais surtout montrant leur impuissance
à parvenir à des ententes, pendant que des populations
civiles sont sacrifiées, nous ramène à l’évidence
de l’Impasse. Nous faisons face une fois de plus à la nécessité
de prendre acte de l’Impasse, comme d’un moment historique
incontournable de l’évolution des rapports entre les nations,
et peut-être même de l’évolution de l’homme
sur la planète. Nous avons exploré en partie les éléments
structuraux de l’Impasse pour en élaborer une conscience
plus nette et plus active. Quelques-uns de ces éléments
sont déterminants pour l’avenir de nos sociétés
qui, à tort ou à raison, se veulent désormais le
fer de lance de cette évolution : les changements climatiques
globaux touchant les ressources et les conditions de vie planétaires;
les transformations sociales et culturelles provoquées par les
stratégies économiques de la globalisation des marchés
en partie responsables de ces changements climatiques et sources de
profondes inégalités entre les peuples et à l’intérieur
des nations; la généralisation de l’éducation
à travers les nations les plus pauvres dramatisant la conscience
toute nouvelle d’une responsabilité collective; enfin l’extraordinaire
développement des techniques de diffusion de l’information
concrétisant la notion montante d’une solidarité
planétaire. Ces éléments ont entraîné
à tous les niveaux des organisations sociales une mise en cause
majeure, à peine encore analysée dans ses conséquences
tragiques, des fondements des processus de légitimation de tout
ordre jusqu’ici établi. Cette mise en cause des processus
objectifs et collectifs de légitimation est une conséquence
centrale de l’interaction des éléments structuraux
de l’Impasse. Ce qui caractérise cette situation, c’est
que d’une part toute action sur l’un des éléments
de la structure implique un engagement décidé de l’ensemble
des États, et pas seulement ceux du G8, et d’autre part
toute action sur l’un des éléments suppose pour
avoir des résultats souhaitables une action correspondante sur
l’ensemble des autres éléments de la structure.
La science occupant progressivement tout l’espace de la modernité
promettait contre la religion, des modalités rationnelles de fondement
de la légitimité en déplaçant la notion de cause,
du Grand Autre au Réel escompté au rendez-vous de la raison
expérimentale. Elle engageait pour les peuples et les nations une
promotion toute nouvelle de la démocratie et du sujet du droit. L’Impasse
signe en quelque sorte aussi l’échec de l’entreprise
de la science de proposer des fondements rationnels à l’éthique,
comme au sujet. Il n’est pas jusqu’au détournement de
la démocratie par l’Empire dans ses stratégies globales
de commercialisation du symbolique qui ne souligne et ne confirme au quotidien,
au-delà de sa nécessité, la part de l’insuffisance
de la science dans l’Impasse. L’enjeu d’un tel contexte
historique dépasse tellement les ambitions et les espoirs introduits
par la science dans l’aventure occidentale de refondation de la démocratie
et de redéfinition du sujet, qu’on ne s’étonnera
pas d’un retour en force aujourd’hui du recours à l’Autre
sur la scène internationale, qui renverrait aux limbes de la conscience
individuelle l’impératif d’une responsabilité
collective dans l’Impasse. L’implication grandissante de certains
secteurs de la science dans la redéfinition actuelle du concept de
l’humain dans les processus d’autolégitimation de l’Empire
en formation en deçà et au-delà des États-nations,
n’en est que plus étonnante.
Dans un tel contexte, à cause des avancées même de la
science, des neurosciences en particulier, la question inévitable
de l’actualité de la psychanalyse prend un intérêt
particulier. Les conditions épistémologiques de développement
de la science aujourd’hui reconsidèrent le statut et la position
des êtres individuels dans le lien social et dans l’histoire,
en faisant pour le moins abstraction des subjectivités et des conditions
inconscientes de leur prise de position. L’obsession toute religieuse
en soi, d’échapper à toute emprise des illusions et
du pouvoir religieux sur la redéfinition de l’homme dans l’histoire
et dans le lien social, amène à un effacement épistémologiquement
onéreux de toute une dimension historique des conditions de la subjectivité.
Comment la psychanalyse qui promeut une autre problématique de la
Cause se distancie-t-elle de la science et de la religion dans ce contexte
où la question des conditions de la légitimation d’un
ordre de coexistence est vitale pour tout sujet du désir et de la
parole? Cent cinquante ans après la naissance de Freud, le positionnement
de la psychanalyse dans l’Impasse aurait la dimension d’un délire
théologique, s’il ne s’enracinait dans la conjoncture
historique où l’impossible articulation de la science et de
la politique dans l’entreprise d’autolégitimation de
l’Empire renouvelle et promeut la division du sujet dans la psychose
et la perversion. Une telle entreprise de redéfinition de la démocratie
et du sujet du droit, menée sous la bannière à peine
déguisée d’une paix sociale conforme à la globalisation
des marchés, une telle entreprise a déjà subrepticement
subverti les structures des discours qui tissent le lien social.
Rouvrant
dans les discours officiels un espace contesté pour ce qui y est
encore irrecevable, le discours psychanalytique, s’appuyant sur le
savoir issu de l’expérience, pointe une autre dimension de
l’Impasse, qui met en jeu la fonction même des civilisations
dans leur contradiction, au-delà et en deçà des nations
en conflits et des processus d’autolégitimation de l’Empire,
là où un imprésentable articule les sujets à
une mort légitime. Ramenant le sujet à sa cause intime, la
psychanalyse aujourd’hui peut prendre en compte que la structure même
de l’Impasse inclut les conditions d’une mutation historique.
Le discours et l’expérience psychanalytiques nous ramènent
à l’évidence que les responsabilités collectives,
loin des mises en scène politiques et de leurs avatars médiatiques,
ne se supportent que de l’expérience engagée des sujets.
Elles ne précèdent jamais les aventures esthétiques
qui ouvrent les sujets à des engagements éthiques historiquement
novateurs. L’enjeu de nos discussions tournera donc autour de l’interrogation
sur ce que le savoir issu de l’expérience analytique peut nous
apprendre sur ces innovations collectives, esthétiques et éthiques,
déjà à l’œuvre dans l’Impasse, engageant
à notre insu nos conceptions du sujet humain.
Willy
Apollon
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Québec
- 28
septembre 2006
- 16
novembre 2006
- 15
février 2007
- 19
avril 2007
- 7
juin 2007
ENAP
555, boulevard Charest est
Québec
(Québec)
Chaque soirée débute à 19hrs
Pour
informations:
Nathalie Jean
téléphone: (418) 687-4350
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Montréal
- 29
septembre 2006
- 1er
décembre 2006
- 16
mars 2007
- 18
mai 2007
- 15
juin 2007
UQAM
Salle N-M110
Pavillon de l'Éducation
1205, rue Saint-Denis
Montréal (Québec)
(pour 29 septembre et 1er décembre 2006)
Pavillon
Judith Jasmin
Salle des boiseries, local J2805
2ème étage
450 , rue Sainte-Catherine est
Montréal (Québec)
(pour 16 mars, 18 mai et 15 juin 2007))
Chaque
soirée débute à 19hrs
Pour
informations:
Jean-Émile Verdier
téléphone: (514) 843-1863
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Inscription:
250$ pour les cinq soirées
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d'inscription (format PDF)
Il
est possible de vous inscrire dès maintenant en téléchargeant
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Québec (Québec)
G1S 1R9 |
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