Le
" 388 " est un concept original
Un
Centre de traitement dans la communauté qui s'adresse à
des jeunes adultes affectés d'une psychose. On sort des sentiers
battus qui conduisaient habituellement ces personnes et leurs familles
à chercher des traitements et du support en milieu hospitalier.
On
propose de traiter la personne dans son milieu naturel, de lui offrir
des modes d'interventions souples, adaptés à ses besoins
et à son rythme.
On
partage la responsabilité avec l'usager, avec sa famille et avec
son milieu. Fidèle à cette orientation, on partage les
efforts et les engagements entre chacun des membres de l'équipe.
On est solidaire des choix de l'usager, de nos engagements comme équipe
à lui offrir les traitements et le support requis, le tout fondé
sur une approche à laquelle on adhère tant pour sa rigueur,
pour la compréhension qu'elle permet des psychoses que pour la
conviction qu'elle suscite.
Le
"388" est un concept avant-gardiste
Premier
Centre de traitement dans la communauté au Québec, depuis
1982, le "388" sert d'exemple et d'appui à la réalisation
d'autres centres de traitement intégrés le plus près
possible du milieu de vie des usagers. Cette initiative a non seulement
favorisé l'émergence de formules nouvelles dans le traitement
des troubles mentaux sévères et persistants, mais a largement
influencé les courants de pensée dans le domaine de même
que les modes de pratique de la psychiatrie.
Le
"388" a démontré qu'il est possible de traiter
des personnes aussi sévèrement atteintes sans nécessairement
les retirer de leur milieu naturel ou de la vie communautaire.
Le
"388" est un concept à plusieurs volets
Le
Centre de traitement combine des services d'hôpital de jour, d'hôpital
de soir et de nuit pour les phases aiguës de la maladie de même
que des services de centre de jour pour la réadaptation des personnes
qui y sont inscrites. L'ensemble des volets contribue à offrir
à l'usager des services requis qu'elle que soit sa condition.
Le
"388" est un véhicule essentiel au virage ambulatoire
La
fermeture d'un grand nombre de lits hospitaliers, le redéploiement
des services dans la communauté, la consolidation des services
de première ligne, la réduction importante de la durée
des séjours hospitaliers ne réduira pas l'incidence des
maladies mentales sévères et persistantes. Quels que soient
les efforts consentis à la prévention, au soins et services
en santé mentale, quels que soient les facteurs socio-démographiques,
quelles que soient les conditions de vie des familles, il y a de 1 à
2% de la population qui est affectée de troubles mentaux sévères
et persistants tels que les psychoses. Ces maladies entraînent
pour la personne, sa famille et son entourage de lourdes conséquences.
Nous
devons faire face à cette réalité avec courage
et détermination; la négation comme la déresponsabilisation
ne sont pas des avenues acceptables, elles ont pour conséquences
l'abandon collectif de celui ou celle qui, fragilisé par sa maladie,
n'aura d'autre choix que de sombrer dans l'incompréhension et
l'isolement, laissant à sa famille et à ses proches un
profond sentiment d'impuissance et de culpabilité.
Il
faut des alternatives à la réduction très significative
des soins et services intra-hospitaliers pour ces personnes. En ce domaine,
le "388" incarne un modèle essentiel à la réalisation
des orientations régionales et nationales.
Le
"388" est un modèle
Le
"388" est un modèle qui a tracé la voie à
la réalisation d'autres centres de traitement dans la communauté
:
- En
1988, Le Centre Hospitalier Robert-Giffard mettait sur pied le Centre
de traitement Benoît XV.
-
En 1989, La Clinique Roy-Rousseau se dotait d'un centre de traitement
dans la communauté appelé Le Centre Quatre-Saisons.
-
En mai 1996, le Centre Hospitalier Robert-Giffard procédait à
l'ouverture de la Clinique Régionale de traitement du trouble de
la personnalité limite, dénommée Le Faubourg St-Jean.
- En
novembre 1996, le Centre Hospitalier Robert-Giffard mettait sur pied un
centre de traitement et de réadaptation psychiatrique situé
à Charlesbourg.
L'ensemble
de ces centres de traitement s'adressent à des personnes affectées
de troubles mentaux sévères et persistants et desservent
actuellement environ 350 personnes.
C'est
ainsi que notre région s'est progressivement dotée de
soins et services dans la communauté adaptés aux besoins
de personnes dont les troubles mentaux les auraient antérieurement
menés à l'hospitalisation.
Le
Centre Hospitalier Robert-Giffard est fier d'être associé
dès le début à la réalisation du "388"
et salue l'initiative, la détermination, l'engagement et le courage
de tous ceux et celles qui ont assuré la réalisation,
la croissance et le rayonnement du "388".
Réjean
Cantin,
Directeur du CHRG
Ancien sous-ministre de la Santé et des Services sociaux