Dossier "388"

La journée du 14 novembre 2001

388: la décision du Ministère

Données d'évaluation annuelle du 388

Le rapport d'évaluation du 388

Conférences
et autres

Théorie et clinique psychanalytique des psychoses - journée clinique 2004

Esthétique et psychanalyse 2003, "Transcendance, un autre espace pour l'imprésentable"

Les lendemains du Séminaire

Actualités

Raymond Lemieux, récipiendaire 2001 du prix André-Laurendeau de l'Acfas

Danielle Bergeron, Fellowship 2001-2002, de l'American Psychiatric Association

Hommage à Sylvaine Tremblay

 

 

Le Centre de formation et de recherche du Gifric
en collaboration avec
l'École freudienne du Québec
présentent 5 soirées
sur le thème "Esthétique et psychanalyse"
sous la direction de Willy Apollon
Après les grands espoirs liés à la postmodernité, un constat s’impose dans le domaine artistique que nos contemporains identifient comme une crise de l’esthétique. Cette crise ou cette impasse ont d’abord été identifiées comme un effet de la fin de la modernité. Les fins et les morts annoncées de Dieu, de la morale, de l’homme, de la famille ou de l’histoire, se présentaient toutes dans les discours dominants comme des conséquences de la fin d’une époque. L’impasse dans l’art et la crise de l’esthétique faisaient partie du lot. C’était devenu un lieu commun que de proclamer à chaque décès que la disparition des derniers grands maîtres laissait un vide que les nouveaux venus ne combleraient jamais. Dans le même temps, ces nouveaux venus, pour occuper un espace que ce vide emplissait de notre deuil impossible, reléguaient aux oubliettes tous ces maîtres qui hantent encore nos sensibilités et notre raison. On les rejetait avec la philosophie pour tout ce qu’ils peuvent représenter de classique et de rationnel, au point que nous pourrions aujourd’hui nous demander si le romantisme n’est pas en fait notre entrée dans le deuil impossible du signifiant dont la postmodernité n’arrive pas à nous sortir.

Au fait, le signifiant du grand Autre nous soutenait dans la confrontation à tout ce qui relevait encore de la pensée et de notre mise en ordre rationnel mais nous entraînait au-delà des codes dont se soutient la survie de l’espèce et au-delà des mémoires qui commandent nos prises en compte de l’histoire. La science moderne entend bien se passer du grand Autre, mais sans vraiment faire le deuil de son signifiant. Quelles sont les implications pour la raison de ce deuil impossible et de la place vide du Grand Autre? En serions-nous restés au culte de la raison de Robespierre? Avons-nous seulement suffisamment enquêté sur ce à quoi nous servait le Grand Autre? Toutes les questions qui hantent l’épistémologie à laquelle nous contraignent aujourd’hui la physique quantique, nos connaissances et appréhensions sur l’évolution de l’espèce humaine tout comme l’enjeu de l’existence des nombres en mathématiques, toutes ces questions subvertissent les bases qui ont servi à penser la question et les enjeux de l’esthétique tant classique que moderne.

Freud, en nous introduisant à la pensée de la pulsion de mort en même temps qu’il affirme la primauté de l’hallucination et son caractère fondamentalement vocal, révolutionne en fait ces enjeux et nous ouvre à un au-delà du signifiant de l’Autre qui libère l’esthétique de l’hypothèque de la primauté du visible. Le visible en effet est une surdétermination du signifiant comme nous avons pu nous en apercevoir à travers l’aventure de l’esthétique picturale. Le signifiant commande le visible, et le signifiant de l’Autre en particulier, ce qui n’est pas sans occulter ce que la voix donne à entendre d’autre que le sens. La fonction du visible est en effet de confirmer le sens dans l’objectif de soutenir la fable d’une conjonction possible des structures de l’esprit à celles du monde. Les sciences biologiques, en particulier dans leurs racines génétiques et neurobiochimiques, sont prisonnières de cette hypothèque, à laquelle la physique moderne sert avec succès et inquiétude l’antidote d’une critique épistémologique abrasive. En décidant du visible le signifiant rend également compte de l’espace comme articulation et limite du temps auquel la pulsion érotique nous ouvre au-delà des limites homéostatiques du plaisir. La danse, où le corps de la lettre répond à la voix de l’Autre, se retrouve enfermée dans un espace où le sens nie l’hallucination, tout comme la musique se voit contrainte à des règles que le signifiant substitue à l’objet évoqué par la voix au-delà et en deçà du visible. La sculpture qui introduisait cet objet dans l’architecture, en se séparant de celle-ci n’a-t-elle pas perdu cette dimension de transcendance? À partir de l’aventure de l’opéra, la musique romantique nous permet de prendre toute la mesure du rôle joué par le sens, et le visible qu’il détermine, dans le contrôle de ce hors temps de l’érotisme par un espace clôturé de part en part par le signifiant. Il en est de cette clôture de l’espace par le signifiant dans la mobilisation du visible dans la musique, comme de la fonction de la forme et du trait dans le contrôle d’une érotique de la couleur dans l’esthétique pictural : elles occultent l’objet, qu’au-delà du visible, la voix propose à la quête du regard. Tout se passe comme s’il était urgent de contenir une érotique imprévisible du temps dans un espace de part en part limité par le sens. L’esthétique postmoderne serait peut-être l’aboutissement contemporain, échec ou crise peu importe, de cette tendance qui pendant un siècle tente de reconnaître l’effraction et de lui faire sa place dans nos sensibilités.

L’hallucination qui supporte dans le sujet du regard l’extériorité intime de la pure voix de l’Autre comme une effraction de son espace psychique introduit, en deçà du sens que produit le signifiant, la proposition d’un objet qui défie le visible. Cet objet soutient l’illimite du hors temps que la voix promeut dans le ravissement du sujet. Tout un univers esthétique bascule avec une telle reconnaissance. Le Savoir qu’elle supporte hante l’art contemporain et altère nos sensibilités. C’est notre rapport à la transcendance qui en est subverti au point encore insupportable pour beaucoup de faire le deuil de son interprétation religieuse montée par le signifiant. Alors la crise envisagée n’est peut-être pas séparable de cette requête impossible d’un autre espace pour le hors temps de la voix et son offre imprésentable. Elle renverrait alors à une mutation en cours de notre sensibilité privée de la fable d’une visibilité fondatrice du croyable, en bute au falsifiable. L’impasse elle relèverait le nouveau défi de l’art en regard de ce nouvel impossible, un espace amputé de la garantie du signifiant, comme en regard de l’imprésentable dont il se motive.

 

 
 

À Montréal

  • 24 octobre 2003
  • 19 décembre 2003
  • 9 avril 2004
  • 14 mai 2004
  • 18 juin 2004

UQAM
Pavillon Judith Jasmin
Salle des boiseries, local J2805
2ème étage
450 , rue Sainte-Catherine est
Montréal (Québec)

Chaque soirée débute à 19hrs

Pour informations:
Thérèse Baillargeon

téléphone: (514) 843-1863
courriel: gifricmtl@sympatico.ca

 

 

À Québec

  • 25 septembre 2003
  • 30 octobre 2003
  • 22 janvier 2004
  • 29 avril 2004
  • 10 juin 2004

ENAP
Amphithéâtre
555, boulevard Charest est

Québec (Québec)

Chaque soirée débute à 19h30

Pour informations:
Nathalie Jean

téléphone: (418) 687-4350
courriel: cpq99@hotmail.com

   
 

Inscription: 250$ pour les cinq soirées

Fiche d'inscription (format PDF)

Il est possible de vous inscrire dès maintenant en téléchargeant la fiche d'inscription et en la retournant avec un chèque au montant de l'inscription, libellé à l'ordre de Gifric inc., à l'adresse suivante:

Gifric inc.
a/s de Mme Lyne Rouleau
342, boulevard René-Lévesque ouest
Québec (Québec)
G1S 1R9