Fonds pour la recherche et le traitement psychanalytique des psychoses

Psychiatrie en ville

Psychoses: le débat

 
 

Une Clinique psychanalytique pour la famille

Cocktail d'information sur le Fonds

Conférence du Dr Danielle Bergeron au Congrès de l'ISPS

Dépression, psychiatrie et psychanalyse

Psychanalyse et sociétés

22 ans de traitement psychanalytique des psychoses

Comment reconnaître les psychoses et comment intervenir?

Yearly Training Seminar in Lacanian Psychoanalysis

Clinical Cases Seminar in Lacanian Psychoanalysis

Sessions de formation clinique en psychanalyse

Séminaire clinique à Montréal

Club-Art

 

Charles Turk, M.D.

Visite au "388" du Lieutenant-gouverneur, l'honorable Lise Thibault

Rapport 2004 du Président du Gifric

Lancement du livre "Dire l'impensable, l'Autre: pérégrinations avec Raymond Lemieux"

Gifric, récipiendaire 2004 du Hans W. Loewald Memorial Award

Quebec at the Caribbean:
the effects of the visit of members of GIFRIC to San Juan, Puerto Rico

 

Dire l'impensable, l'Autre: pérégrinations avec Raymond Lemieux

After Lacan. Clinical Practice and the Subject of the Unconscious

 

Invitation du CPM
8 janvier 2005

Journées cliniques
"La mutation des cercles"
15 janvier 2005

Clinical Days in Los Angeles

Journée intercercle

Journées annuelles

2004-2005

sous la direction de Willy Apollon, Ph.D., psychanalyste au Gifric

    • 25 septembre 2004
    • 30 octobre 2004
    • 18 décembre 2004
    • 29 janvier 2005
    • 26 février 2005
    • 16 avril 2005
    • 28 mai 2005
    • 18 juin 2005

     

 
 

La psychanalyse comme telle, dite psychanalyse pure dans le jargon des lacaniens, est une expérience radicale conduite sous la condition du transfert, soit l'amour du savoir produit de l'inconscient comme fondement d'une éthique nouvelle. Une telle expérience nécessairement singulière, liée à ce que l'on considère comme une histoire subjective, est l'effet de la contrainte du désir de l'analyste sur la demande subjective. Comme telle, cette expérience a un terme, une limite logique surdéterminée par sa structure interne, terme à ne pas confondre avec sa finalité ou son objectif avoué, voire avec la fin de l'expérience décidée soit par l'analysant, soit par l'analyste, pour des raisons externes à la logique de l'expérience. La logique qui mène une telle expérience à sa limite interne, soit son terme analytique, ne se réduit donc à aucun effet de guérison, mais elle est vérifiable pour le sujet dans une supervision. Par contre le savoir produit par une telle expérience lui est vérifiable au terme des différents processus dits "de la passe", qu'une École met en place pour produire et recueillir ce savoir. C'est ce qui rend possible qu'une expérience subjective singulière, donc non susceptible de répétition, peut, au cas par cas du contrôle par la supervision et la passe, donner accès à un savoir spécifique applicable dans le domaine du psychisme et ses effets dans le corps voire dans l'organisme, pour des situations où l'expérience elle-même aura été absente. C'est la psychanalyse appliquée. Elle est au fondement de la clinique dite de "psychothérapie analytique", où le sujet n'est pas contraint à l'expérience comme telle, mais est confronté à des exigences éthiques soutenues par le savoir issu de l'expérience.

Le séminaire clinique du Gifric soutient cette pratique clinique visant à appliquer le savoir et l'éthique issus de l'expérience analytique conduite à son terme logique, au traitement des troubles mentaux, qu'ils soient graves ou légers, mais de nature passagère ou intermittente comme dans la plupart des névroses, ou qu'ils se révèlent sévères et persistants comme dans les psychoses, et nécessitant un examen et un questionnement approfondis des positions inconscientes où ces troubles s'enracinent. Il s'agit donc de séminaires de psychanalyse appliquée à des troubles mentaux d'origine psychique quels que soient leur sévérité et leurs effets dans l'organisme. Ces troubles manifestent un blocage du psychisme dans ses manifestations imaginaires, comportementales, interpersonnelles et socioculturelles en regard des positions inconscientes et des choix éthiques profonds du sujet. Ces séminaires cliniques s'adressent à des professionnels et des cliniciens du réseau de la santé ou oeuvrant en bureau privé, confrontés au travail avec des sujets souffrant de troubles mentaux. Il est important de maintenir cette distinction entre troubles mentaux et maladies mentales. Celles-ci, dans l'optique des neurosciences et de la psychiatrie biologique, voire de la psychiatrie courante pour certains, supposent une atteinte organique spécifiant des déficiences particulières au niveau des manifestations ou du fonctionnement neurologiques de l'attention, de l'intelligence, de la volonté, de l'affectivité ou du comportement psychosocial. Les approches cliniques promues dans de telles perspectives sont toujours essentiellement d'une part de l'ordre du soin, donc centrées sur l'organique et non du traitement, donc promouvant le symbolique, les causes véritables de ces atteintes neurologiques n'étant pas connues, et d'autre part de l'ordre de l'apprentissage, du réapprentissage pour la compensation des déficiences identifiées et par ailleurs quand c'est indiqué, de la rééducation dans une optique de réintégration sociale des personnes atteintes.

L'approche psychanalytique part d'une causalité symbolique plus profonde, impliquant l'esprit même dans ses prises de positions éthiques mobilisant l'être tout entier jusque dans son enracinement neurophysiologique et son conditionnement génétique. Cette approche se soutient de la parole qui témoigne de la coupure radicale entre l'esprit, propre à l'humain et fondant ses positions érotiques, esthétiques et éthiques, et le psychisme, que nous partageons avec les animaux et qui supporte, dans son fonctionnement neurophysiologique les manifestations psychosociales et culturelles de ces positions subjectives. Cette parole pleine où le sujet prend position, évoque dans la clinique analytique la confrontation à la mort qui travaille dans l'érotisme et à l'absence de tout recours possible à un Autre, qui laisse le sujet humain dans une solitude totale en regard à ses responsabilités éthiques. C'est dans cette double confrontation que se spécifie la singularité humaine et que s'origine ce que la psychanalyse identifiera comme des troubles mentaux par opposition à ce qui peut se concevoir comme des maladies mentales dans la psychiatrie qui se veut biologique et donc médicale. De Freud à nos jours, l'expérience analytique a mis à jour un savoir sur ces troubles, leurs structures et la logique de leur développement et de leur action sur l'organisme individuel, le psychisme, la conscience et le comportement.

Le séminaire clinique à travers les présentations de cas clinique, le travail des participants en équipe clinique, et l'étude des stratégies cliniques qui découlent de la position du clinicien, explore le champ de l'inconscient, où opère la logique singulière qui règle ces troubles dans chaque cas particulier. Le travail du séminaire élabore la position du clinicien en regard de la demande du client, et son rapport à ce qui prend prétexte de cette demande, pour accéder à la conscience dans la crise transitoire, déchirer l'imaginaire dans le fantasme ou s'imposer au corps ou au psychisme par le symptôme. Progressivement se mett en place et se découvre que la psychanalyse comme clinique appliquée tout comme la psychanalyse comme expérience dirigée sous transfert, est une pratique éthique qui se soutient d'un savoir qui s'élabore à travers la mise en œuvre de l'inconscient. Les cliniciens participants sont invités à présenter les mêmes cas, trois au maximum, de façon à y découvrir le fonctionnement de la logique du fantasme au cœur de l'expérience. Le travail en équipe entre les séminaires soutient la recherche clinique et le désir de savoir des cliniciens. L'élaboration théorique, s'il en est, se fait à partir du travail clinique et des expériences présentées et pour en éclairer les structures et en soutenir la logique.

Cette pratique du séminaire clinique se distingue donc de la pratique du séminaire de contrôle au Gifric. Dans le séminaire de contrôle, il s'agit plutôt de recueillir les effets de l'expérience de direction de la cure sur des cliniciens analystes, ayant eux-mêmes conduit leur propre expérience analytique au point où le savoir qui s'en déduit est vérifié dans les mécanismes de la supervision et de la passe. Ils se guident sur ce savoir qui règle leur éthique pour se positionner dans la situation clinique. Une telle pratique du contrôle est axée sur l'expérience elle-même et les effets éthiques du savoir qu'elle produit dans chaque cas singulier. Elle est une quête et jamais une application du savoir et de l'éthique issus de l'expérience. Elle suppose l'expérience menée à son terme logique et la vérification singulière par le sujet (la supervision) et la confirmation collective par les mécanismes de l'École (la passe) de la logique et du savoir qui ont soutenu cette expérience jusqu'à la limite logique déterminée par sa structure interne. Le séminaire de contrôle accompagne donc pour de jeunes analystes leur aventure dans le recommencement de l'acte de Freud.