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After Lacan
Clinical Practice
and the Subject of the Unconscious
Willy Apollon
Danielle Bergeron
Lucie Cantin
2002 - 198 p.

Suny Press



PSYCHANALYSE et MONDIALISATION

5 conférences

Sous la direction de

Willy Apollon, Ph. D.
psychanalyste au Gifric

"Modalités de JOUISSANCE et MONDIALISATION"

Que reste-t-il des modalités de jouissances dans la mondialisation?

L’analyse de l’impasse nous a de plus en plus orientés vers un au-delà de toute problématique de crise. Et plus spécifiquement nous sommes contraints de considérer aujourd’hui le développement de la mondialisation comme la condition même de coexistence, d’interactions et de survie de l’ensemble des collectivités humaines et non pas simplement comme un phénomène passager issu de et faisant partie du développement du capitalisme international. Cette considération nous a menés à distinguer ce qui est passager, soit la globalisation économique comme état historique du capitalisme mondialisé et par ailleurs ce qui est là pour durer et qui affecte déjà profondément les conditions même d’existence et de survie des collectivités humaines en tant que telles, soit la mondialisation. Nous examinerons cette année une des dimensions essentielles de la mondialisation qui non seulement la sépare radicalement de la globalisation économique mais fait apparaître un aspect profondément étranger à cette globalisation au point de rendre insoluble au niveau économique toute impasse issue de l’évolution même de la mondialisation. En fait, au-delà des enjeux de coexistence des cultures que la globalisation économique prétend résoudre et des conflits historiques de confrontation des civilisations qui ouvrent cette globalisation sur une impasse, c’est l’avenir même de l’humain qui est en jeu dans la mondialisation.

Il y a quelque cent mille ans peut-être, bien avant, et bien au-delà des cultures et des civilisations, l’humain s’initie dans la jouissance issue de la représentation mentale de l’objet de la voix. D’une part, ce que la voix dans l’humain introduit dans le réel et offre comme objet à la conscience humaine, fait effraction à l’univers imaginable à partir de la perception sensible. D’autre part et en même temps, la jouissance que l’humain tire d’un tel objet imprésentable en dehors de la conscience individuelle, est telle que nulle autre satisfaction ne vaut au point de pouvoir se substituer à cette jouissance. En regard des autres habitants des zones géographiques où il apparaît, l’humain se présente comme un saut dans le vide, ou une erreur dans la nature. Cette jouissance qui est au cœur de l’humain et qui s’alimente de sa capacité de produire des objets, des représentations de choses qui restent foncièrement étrangères à l’environnement physique et social, en dehors de tout accès par l’expérience sensible, une telle jouissance fait obstacle à la survie même du groupe humain. Comment en effet, le groupe si nécessaire à la survie de l’espèce, peut-il lui-même subsister si chacun peut librement investir les représentations mentales dont il tire une jouissance qui dépasse en satisfaction tout ce à quoi le groupe lui-même peut lui donner accès? La jouissance introduit cette contradiction principale qui, dans l’humain, est à la source de toute créativité. Cette contradiction, où sa propre mort travaille au cœur du désir humain, institue une temporalité autre, étrangère au temps cosmique où le réel se développe, cette contradiction où l’escompte de jouissance tient lieu de sursis à une mort annoncée, cette contradiction est le vortex autour de quoi se concocte indéfiniment la structuration de toute société humaine. L’acculturation qui garantit la reproduction sociale dans chaque nouvelle génération ne peut se concevoir que dans cette gestion de la contradiction où chaque génération, pour survivre et se reproduire doit contenir des modalités de jouissances recevables dans les limites de la production de la réalité sociale. Idéaux et interdits, tabous et promotions sociales, proverbes, idiotismes et autres modalités de contrôle et de gestion des comportements sociaux, ne peuvent se mettre en place qu’autour des rituels et de la fabulation qui cachent et dessinent les limites assignées à des modalités de jouissances par rapport auxquelles les sujets nécessairement se positionnent. Pères, mères, fils, filles, anciens, oncles, tantes, amants, épouses, aimées ou maris, toutes ces positions se brouillent dans les glissements que provoque la mondialisation dans la gestion des modalités de jouissances.

En effet, si la globalisation a toujours rabattu sur le temps socioéconomique, ersatz du temps cosmique, le travail de contrôle des modalités de jouissances à des fins commerciales dans l’acculturation, la mondialisation, elle, s’enclenche directement sur le temps humain où une jouissance hors contrôle entretient la contradiction d’une mort intime à l’escompte de jouissance qui travaille le désir humain. Les civilisations ont toujours monté des systèmes de croyances et des récits fondateurs, du mythologique au théologique, qui, pour gérer la représentation mentale, offraient des fondements historiques aux justifications des mécanismes de contrôle et de gestion des modalités de jouissances dans les cultures où ces civilisations se réalisent concrètement. Ce sont ces montages mythologiques, philosophiques et théologiques qui sont mis en cause, dans leur objectif même de définition de l’humain, par les glissements de sols idéologiques où la confrontation des civilisations dévoile ce que ces montages avaient pour fonction première d’occulter à la conscience commune. Les grands clercs et manipulateurs idéologiques des collectivités confrontées à ces vortex fonctionnant comme des trous noirs idéologiques, sont démunis. Pour faire face à ce qui nous arrive, il nous faut réexaminer comment les montages de civilisation ont consolidé les gestions culturelles de modalités de jouissances où nos subjectivités ont été enfermées. Ce qui s’ouvre sous nos pieds laisse nos sociétés blessées au cœur même de leur effort inutile de contrôle d’un imprésentable dont nous avons passé des siècles à refuser le deuil. Le brouillage de contrôle des modalités de jouissances dans nos sociétés, dans le cadre des avancées actuelles de la mondialisation met en cause non seulement tous nos modèles de référence sexuelle, mais de plus il rend douteux sinon caducs bien des comportements sociaux et en particuliers les idéaux et interdits qui servaient de garantie névrotique à ces comportements. C’est toute l’articulation à ce que nos sociétés définissent comme réalité qui se trouve compromise en même temps que les enjeux esthétiques prisonniers d’une telle articulation au montage culturel de la réalité perdent une part de leur pertinence tant pour la publicité et le marketing dans la globalisation que dans nos vies déchirées par le temps humain qui nous exile de cette globalisation.

Ces questions qui font déchirure dans nos quotidiens seront la matière de nos discussions dans les rencontres à venir cette année. En regard de ce vide ouvert par la mondialisation, nous devons enfin prendre en compte sérieusement une reconsidération de l’actualité de la psychanalyse dans sa théorie et ses pratiques, dans le cadre où Lacan a rendu possible une rénovation de la découverte freudienne. Sortir définitivement la psychanalyse d’une problématique prisonnière de la névrose obsessionnelle qui la rend sourde à la subversion des mécanismes de contrôle de la jouissance que le pervers soutient et étrangère à la contestation psychotique des fondements de ces mécanismes. Dans cet espace ouvert par la mise en cause généralisée des modalités de la jouissance, des pratiques perverses jusqu’ici tenues en soupçon tout comme un certain nombre d’entreprises de la psychose prennent une autre dimension au point de pouvoir occuper bientôt le devant de la scène culturelle. Mais également dans ce nouveau cadre, le rapport du féminin à la jouissance aussi bien que celui du masculin au phallus perdent de la pertinence qui leur était reconnue dans une problématique dominée par la névrose ordinaire tenue pour le cadre de référence de la recevabilité dans l’occident chrétien. La jouissance comme telle prend une dimension nouvelle, représentant quelque chose encore à identifier, en marche dans l’humain, plus grand que ce que la culture peut prétendre enfermer dans des mécanismes de contrôle, plus grand que ce que la civilisation n’a jamais pu embrigader dans ses entreprises impériales. Mais elle se révèle aussi au niveau de l’individu, plus grand que ce que le narcissisme peut récupérer dans les illusions de ses stratégies amoureuses ou de ses ambitions de reconnaissance sociale.

Ce côté indomptable et irrécupérable de la jouissance à travers son inscription même dans l’être, son surgissement dans la création, et sa dimension irrationnelle qui donne tout son sens et son pouvoir à la raison et ses entreprises, est le nouvel objet que je propose à notre quête et à nos discussions, comme une dimension incontournable de la mondialisation et une pièce essentielle de l’impasse qui fait trou dans la globalisation.

Willy Apollon, Québec, Août 2010.

Coût pour les 5 conférences

250$

Québec

20 Octobre 2010
17 Novembre 2010
9 Février 2011
20 avril 2011
1er juin 2011

ENAP
555 boulevard Charest est
Local 4114
Chaque soirée débute à 19h30

Informations
Denis Morin
Téléphone: 418.687.4350

em@il: publications@gifric.com


Inscription - Québec

en ligne

par la poste


(Format PDF)


Montréal
15 Octobre
26 Novembre
11 Mars
13 Mai
17 Juin

UQAM
Pavillon de l’éducation
1205, rue Saint-Denis
Salle N-M110 (niveau métro)
Chaque soirée débute à 19hrs

Informations
Renée Paquette ou Dr Annie Soulières
Téléphone: 514.843.1863
courriel: gifric.mtl@videotron.ca


Inscription - Montréal

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