Fondé
en 1898, c'est le plus ancien journal francophone des Amériques.
"De tendance centre droit, il s'attache à cultiver un
amour profond pour Haïti et n'a jamais donné son appui
à aucun parti politique", précise son directeur,
Frantz Duval.
"AUTREMENT...
ce serait quoi?
... pour les survivants que nous sommes"
De
plus en plus, de partout, de l’Europe au Québec,
en passant par l’Afrique du Nord agitée par les soubresauts
politiques, le Moyen-Orient où couve une prochaine confrontation
armée, nous revient une formule que nous pouvons résumer
de la façon suivante : il faut faire autrement!
Qu’il s’agisse d’économies, de finances
ou de politique, au niveau national comme au niveau international,
cette formulation revient, inquiète, déchire, divise.
Récupérée aussi bien par la droite que par
ce qui reste de la gauche, cette formulation témoigne de
quelque chose qui monte de très loin en nous. Au risque
de perdre la dimension innovatrice qu’elle évoque
comme un cri d’espoir habité de panique, cette formulation
risque pourtant de s’estomper avec le temps, mais pas sans
nous avoir laissé un goût amer d’exigences
déçues. Ce qu’elle nous fait encore ressentir
aujourd’hui comme un souhaitable
pourrait sombrer dans les limbes respectables de ce que nous avons
établi comme le recevable?
On
pourrait attribuer à la mondialisation de l’information
ce fait que l’appel au changement auquel renvoie ce
faire autrement se retrouve partout et dans tous
les domaines, au point qu’il nous conduise à soupçonner
un phénomène planétaire. Ce serait heureux
s’il s’agissait là d’un effet médiatique,
un effet de mode en quelque sorte, il annoncerait un de ces
événements spectaculaires dont les petites bourgeoisies
et les classes moyennes des grandes métropoles du G8
et du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) sont friandes.
Mais les événements économiques, financiers,
et politiques qui secouent l’Europe, les États-Unis,
l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, et qui sollicitent
aujourd’hui un recours au BRIC montrent qu’il s’agit
plutôt de changements globaux, imprévisibles dans
leurs manifestations concrètes, et dont les conséquences
incalculables risquent de concerner l’ensemble des nations
de la planète. C’est peut-être partout la
naissance dans nos affectivités, nos émotions,
nos peurs secrètes et nos sourds espoirs de la notion
du village planétaire avec
ce qu’il implique de rêves de libertés nouvelles
mais aussi d’exigences et de limites encore insoupçonnés.
Cette
chose qui naît et monte au plus profond
de nous, disséminée à travers des civilisations
si différentes, dans des manifestations les plus diversifiées
aujourd’hui de Tripoli à Québec et de Bonn
à Sao Paolo et de Los Angeles à Hong-Kong, cette
chose met fin à une certaine
histoire de l’Occident comme aussi sans doute à
celles de l’Orient. Elle rapproche et confronte l’Orient
et l’Occident, le Nord et le Sud, elle les contraint au
dialogue de leurs différences avec une brutalité
dont la psychanalyse peut nous permettre d’apercevoir
les enjeux plus profondément humains? Au-delà
et en-deçà des civilisations qui dans leurs histoires
et leurs entreprises l’ont refoulée, cachée,
ignorée, récupérée et trahie, une
certaine humanité vieille de
plus ou moins 80 000 ans, peut-être, aurait survécu
aux hommes à leurs pouvoirs, leurs savoirs, leurs guerres,
leurs divisions et à leurs travaux d’Hercule.
Qu’est-ce
que la pratique et l’éthique de la psychanalyse
peuvent nous faire découvrir au sujet de cette chose
humaine, si étrangère aux civilisations
qui ont prétendu en épuiser l’expression,
les richesses et les horreurs? La psychanalyse et l’éthique
qu’elle promeut aujourd’hui auraient-elles quelque
chose de décisif à faire dans les nouvelles conditions
de survie auxquelles nous contraint la montée en force
du village planétaire? La conjoncture
nouvelle la mondialisation convoque les nations à construire
ensemble financièrement, économiquement, socialement,
au-delà de la confrontation des civilisations et des
cultures, les conditions suffisantes pour une mutation de nos
modes de penser, d’agir, de coopérer, de jouir
et de créer? Qu’est-ce que la psychanalyse apporte
dans cette conjoncture nouvelle de survie de l’humain,
elle qui se présente non comme une théorie
scientifique de l’humain, mais bien comme
une pratique éthique?
Dans le prolongement de nos discussions des deux dernières
années nous tenterons avec cette série de cinq
rencontres d’établir ce que la psychanalyse apporte
pour faire face à ce contexte de mutation. Nous interrogerons
comment l’éthique de la psychanalyse fait face
à ce qui en nous, avec ou sans nous, institue le sujet
humain comme acteur dans la mutation de ces modalités
de survie. Ce que la psychanalyse a à dire aujourd’hui
sur l’acte d’un tel sujet peut faire une différence.
Willy
Apollon, Québec,Septembre 2011
Coût pour les 5 conférences
250$
Québec
12
octobre 2011
30 novembre 2011
15 février 2012
25 avril 2012
30 mai 2012
ENAP
555 boulevard Charest est
Local 4114
Chaque soirée débute à 19h30