En
effet, affirmer à partir de l'expérience du 388 que
la psychanalyse offre désormais une approche efficace dans
le traitement des troubles mentaux graves et persistants est une généralisation
qui ne tient pas compte des modifications que l'équipe du Gifric,
à partir de la clinique lacanienne certes, mais dans un retour
sans concession à Freud, a dû apporter tant à
la théorie courante qu'à la clinique analytique pour
rendre possibles ce traitement et les résultats constatables
au 388. Mais plus encore, une telle affirmation peut sous-estimer
et passer sous silence la structure d'ensemble de ce Centre de traitement
dans la communauté, l'ensemble des procédures d'intervention
en temps de crise, de suivi intensif, d'accompagnement dans la réintégration
sociale, de même que les procédures d'évaluation
des plans de traitement et de l'évolution psychosociale des
patients mises en place par le Gifric pour soutenir la cure analytique
et assurer la qualité des services. Il s'agit d'un ensemble
complexe et structuré autour de l'atteinte d'objectifs spécifiques
pour une clientèle cible. Nous tenterons ici d'en donner une
idée suffisante pour permettre de saisir la complexité
relative du fonctionnement de ce traitement centré autour du
fait que le patient psychotique suit une cure analytique. Il faut
insister ici sur ceci, il s'agit bien d'une cure psychanalytique et
non d'une psychothérapie (à orientation) psychanalytique.
Un ensemble de conditions doivent être réalisées
en effet pour qu'une telle cure soit possible, comme l'axe central
d'un traitement global.