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Une solidarité à maintenir à long terme |
* Faites de cette page votre page de démarrage dans votre navigateur ou encore mettez cette page dans vos favoris Édition spéciale Le Nouvelliste Fondé en 1898, c'est le plus ancien journal francophone des Amériques. "De tendance centre droit, il s'attache à cultiver un amour profond pour Haïti et n'a jamais donné son appui à aucun parti politique", précise son directeur, Frantz Duval. Pour des informations directement du terrain http://www.radiosolidaritehaiti.net/ Haïti : débat sur le WEB Lettre du Recteur de l'Université Quisqueya
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Vous imaginez bien que si le Gifric prend la peine de créer une section dans son site intitulée Solidarité, c’est parce que nous voulons vous solliciter et nous donner les moyens d’assumer nos responsabilités citoyennes face au drame qui frappe Haïti et nous confronte à une éthique et des devoirs qui vont plus loin. Le 12 janvier marque une catastrophe naturelle, qui aurait pu frapper n’importe quel peuple de n’importe quelle région de la planète. Il se trouve qu’elle frappe une terre qui est la patrie d’origine d’un certain nombre de nos concitoyens. Nous sommes concernés de prime abord. Pourquoi le Gifric prend-il une telle position et invite ses membres, collaborateurs et amis, à se joindre à tous les vrais amis d’Haïti et du peuple haïtien dans ces circonstances? La question vient de ceux d’entre vous qui ont réagi les premiers à cette section du site et mérite une réponse appropriée pour tous ceux qui voudront répondre à cette invitation de solidarité avec Haïti et le peuple d’Haïti pour les cinq années à venir. De 1994 à 2004, à la demande de feu Renaud Bernardin, ancien professeur au Cégep de Lévis et à l’Université Laval, et alors secrétaire du président Aristide, le Gifric s’est engagé dans un vaste projet. Avec l’aide de feu Georges Anglade, alors professeur de géographie à l’Université du Québec à Montréal et avec les conseils et les encouragements de Jacques Édouard Alexis, alors Recteur de l’Université Quisqueya à Port-au-Prince, une équipe du Gifric a conçu ce qu’il fût convenu d’appeler Projet de Restructuration des Marchés Publics Régionaux.
Pendant 10 ans nous avons parcouru le pays guidés par une équipe d’Haïtiens où figuraient entre autres les regrettés Hermogène Durand et Anne-Marie Coriolan. Un représentant de la Firme d’ingénierie Tecsult de Montréal, un architecte de la Firme d’architectes Émile Gilbert de Québec, un ancien vice-président de Provigo et le Directeur général d’UPA International, ont également participé à quelques missions comme partenaires dans la préparation de l’Étude de faisabilité du projet. De quoi s’agissait-il? L’idée de base est de procurer aux populations des régions des équipements de développement qui les aident à prendre en main leurs destinées économiques. Dans un pays de 28 000 kilomètres carrés et de 8 millions d’habitant où 65% de la population vit de l’agriculture, le manque de technique de conservation des produits amène toute la population des régions à fréquenter les marchés publics en moyenne 3 à 4 fois dans la semaine selon les régions. Une part essentielle de la vie économique dans les régions dépend donc de l’état et du bon fonctionnement des marchés publics. Dans les 10 régions administratives, il existe environ 560 marchés alimentés par près de 70 d’entre eux, les plus grands. Il faut réaliser que ce réseau soutient la suffisance alimentaire pour 75% de la population, en même temps qu’il alimente en biens, en services et en information la quasi-totalité des populations des régions. Aucune campagne d’éducation sanitaire, de vaccination, d’évaluation et de correction des services, ou d’éducation populaire ne peut s’en passer. Il alimente le tissu social et le mécanisme profond de la solidarité nationale à travers toutes les régions du pays. Le Gifric a donc proposé de reconstruire et de réorganiser 40 de ces grands marchés régionaux et de les constituer en réseau. En parcourant les grands marchés régionaux, qui appartiennent tous à l’État haïtien, l’équipe du Gifric a rencontré et discuté avec les marchandes, les commerçants, les agriculteurs, les maires, de façon à comprendre les problématiques liées à chaque région, et à étudier avec eux les conditions de mise en œuvre de nouveaux marchés à partir des besoins qu’ils exprimaient et en tenant compte de leurs récriminations. Une cinquantaine de marchés dans les 10 régions ont ainsi été choisis et ont fait l’objet d’études et de discussions avec les différents intervenants. Ainsi, il s’est avéré important pour les groupes de femmes œuvrant dans les marchés dans leurs discussions avec Anne-Marie Coriolan et Lucie Cantin, que chaque marché soit doté d’un dispensaire, avec pharmacie et un certain nombre d’autres services. Il faut noter que 80% des intervenants dans les marchés tant régionaux qu’urbains sont des femmes. 100 000 marchandes œuvrent dans les 40 grands marchés visés par le projet. Pour les marchands et les agriculteurs il apparaissait également important outre des services de conservation (fruits, légumes, produits laitiers, boucherie et poissonnerie, nécessitant l’électricité,) et de stockage des produits, qu’il y ait un poste de police dans chaque marché ou pas loin du marché. Bref, ce sont principalement les discussions avec les intervenants agriculteurs, marchandes, revendeuses et petits commerçants qui ont déterminé en fin de compte la conception générale du projet. Le projet fut présenté à la BID (Banque Interaméricaine de Développement) à Washington en 2001. Suite à l’intérêt de la BID pour un projet qui favorisait la formation d’administrateurs publics dans les régions au niveau municipal, en 2003 l’ACDI décida d’accorder une subvention pour soutenir le Gifric et ses partenaires dans la production de l’Étude de Faisabilité. L’Étude fut présentée à Port-au-Prince au Premier ministre en mars 2004. Après divers péripéties de la vie politique nationale en Haïti, c’est seulement en 2008 que le ministre de l’Intérieur nous faisait savoir la volonté du gouvernement haïtien d’aller de l’avant avec ce projet et nous demandait de venir discuter la mise en œuvre expérimentale d’une partie du projet. Là encore une crise politique entraînant le départ de Jacques Édouard Alexis comme premier ministre, nous avons dû attendre un nouveau gouvernement. Nous commencions à considérer comment répondre à l’invitation du ministre de l’Intérieur quand s’est produite la tragédie du 12 janvier. Évidemment du point de vue du Gifric, la catastrophe nationale du mois de janvier rend un tel projet encore plus nécessaire en termes de création d’emplois et d’instruments de développement économique en région, de contrôle de la suffisance alimentaire et de gestion de la mise en marché et de la distribution de la production régionale à travers le pays. Mais désormais ce projet fait pour le gouvernement d’Haïti, relève de son autorité et de son initiative. Le Gifric entamera certes des démarches pour savoir si le gouvernement désire toujours aller de l’avant dans les régions en continuant à intégrer ce projet dans son plan de reconstruction, mais il demeure que le gouvernement haïtien est le seul maître d’œuvre dans ce domaine. Les marchés desservent directement les populations des régions en toutes sortes de biens et de services, ce sont des équipements de développement qui appartiennent à l’État haïtien et ils sont sous la responsabilité du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Le Gifric va renouer le contact avec le gouvernement dans les meilleurs délais compte tenu des circonstances. Par ailleurs de 1998 à 2006, une équipe clinique du Gifric a assuré bénévolement un programme d’enseignement de la théorie et de la clinique psychanalytique au département de psychologie de l’Université d’État à Port-au-Prince. Dans le même temps le Gifric a soutenu et aidé sous plusieurs formes les patients et les intervenants de l’Hôpital psychiatrique de Beudet non loin de Port-au-Prince. Cette forme d’aide directe de concert avec les autorités locales est la forme que le Gifric favorisera, y compris à travers le projet de Restructuration des Marchés Régionaux. Le Gifric entreprend des discussions avec des institutions québécoises qui ont la compétence nécessaire pour faire du projet des marchés un cadre concret où des Haïtiens de plusieurs régions en Haïti et à l’étranger peuvent coopérer avec des Québécois à moyen et à long terme à la construction du pays. |
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