En fin de compte, la science ne s’arrêtera pas de chercher les causes curables de nos maladies psychiques avec les meilleurs moyens dont elle peut disposer et ceux qu’elle peut créer. Il nous faut compter sur ces moyens, car la psychanalyse n’est pas une thérapie, mais une pratique éthique. Ce qu’elle promeut, une modification de la position éthique du sujet en regard de l’effraction, de l’hallucination ou de la jouissance et de leurs conséquences, ne supprime pas leurs effets neurobiochimiques ou génétiques qui prolongent leur inscription dans l’être. Il n’en reste pas moins que ce qui pour la science peut s’avérer incurable ne recoupe pas nécessairement le champ de ce qui pour la psychanalyse est traitable. D’autre part, l’expérience analytique montre que ce que la science pose à l’occasion comme objet de soins et de thérapie peut demeurer intraitable pour la psychanalyse. Dans tous ces cas, l’expérience des sujets est le seul critère crédible. Ils sont les seuls à savoir de quoi ils souffrent, de quoi ils meurent et de quoi ils jouissent, au-delà des débats des spécialistes qui s’en tiennent à leurs données et aux discours et pratiques qui les justifient. Il demeure que le réel de la subjectivité, qu’une psychanalyse met à jour, est l’objet d’une éthique et non de soins et qu’il résistera toujours à toute tentative de thérapie, car fondamentalement il est intraitable.

 

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